Sans nous en rendre compte, nous sommes tous les jours soumis à une pression sociale phénoménale autour de la relation de couple. A commencer par les enfants : n’est-ce pas la base même de la recette du célèbre conte de fées ? Et ceci nous suivra tout au long de notre existence, et ce pas seulement sur le grand ou le petit écran malgré le succès des fameux happy endings américains dans lesquels la naissance d’un couple est presque un passage obligatoire. La forme probablement la plus connue en France de pression est celle exercée par l’Etat au travers des impôts, avec la notion de « parts » qui prend tout son intérêt lors du mariage. Les voyages sont aussi concernés avec bon nombre de réductions proposées aux couples, comme par exemple le tarif « Découverte à deux » proposé par la SNCF. Pire : alors que les voyagistes mettent en évidence des prix par personne, la plupart pratiquent l’ajout d’un supplément pour les départs en solo…
Mais prenons la question sous un autre angle : celui de la nature. Les espèces animales qui semblent établir la notion de « couple » ne le font que dans l’intérêt de leur progéniture. En effet, le rôle du père et de la mère est clairement identifié et chacun d’entre eux veille à un intérêt commun : la survie de leur(s) petit(s). L’article de Wikipedia sur la monogamie fournit une liste non exhaustive d’espèces animales réputées monogames, et fait au passage remarquer que celles-ci sont rares (3 à 10% des mammifères). Mais encore plus intéressant la traduction que vous trouverez sur le forum Futura Sciences d’un article publié par Justin BRASHARES, assistant professeur à l’université de Berkeley et spécialisé dans l’écologie et la conservation de la vie sauvage. Celui-ci fait effectivement état d’un possible lien entre l’extinction de certaines espèces et leur nature monogame…
Crédit photo : smellyknee (Flickr) sous licence Creative Commons
Enfin, jetons un œil sur les statistiques. Pour cela, la meilleure référence reste sans doute l’INSEE avec son tableau de Taux de divorce selon la durée du mariage et l’année du divorce. Je pense que les valeurs affichées parlent d’elles-même : en 2006, environ 21% des mariages finissent par un divorce dans les 10 premières années. On est loin des contes de fées… A titre de comparaison, ce nombre tombe à 9% si on remonte en 1976. Alors que s’est-il passé en 30 ans ? L’explication qui me semble la plus plausible est que la société nous permet maintenant de nous laisser à nos instincts les plus enfouis, révélant ainsi notre inaptitude à la vie éternelle avec le même partenaire. Et pour preuve supplémentaire, si tant est qu’elle soit nécessaire, le nombre de services offerts (même si le mot ne correspond la plupart du temps pas à la réalité…) aux membres du couple en difficulté : des conseils de votre magazine préféré au marabout guérissant tous les maux de coeur en passant par les psychologues spécialisés, tous sont là pour essayer de faire passer une pilule pour une maladie qui n’existe pas. Vous pouvez aussi vous amuser un peu avec votre ami Google : « Problèmes de couple » retourne 126 000 résultats, alors que son homologue anglais « Relationship issues » en remonte 729 000…
La conclusion à laquelle j’arrive après toutes ces recherches est que l’homme a inventé la notion de couple « pour la vie », mais que celle-ci est définitivement vouée à l’échec. De toutes les formes de vie commune que l’homme aura testé au cours de son existence sur Terre, aucune d’entre-elles n’aura fini par durer. Mais comment faire sachant que le monde entier dans lequel nous vivons est basé sur cette notion désuète ? Celui-ci a déjà commencé à changer, et alors que la séparation est maintenant déjà dans les mœurs, les services pour célibataires fleurissent. Je prédis que ce phénomène ne fera que s’amplifier dans les années à venir.
Comme d’habitude, j’attends avec impatience vos commentaires. Ce qui rendrait ceux-ci encore plus intéressant serait de donner un peu d’informations sur votre vie amoureuse (si vous êtes ou avez été en couple, combien de temps, etc.), votre âge (ou tout au moins une dizaine si vous ne voulez pas en dire plus ) et votre sexe. Ceci afin de voir si les avis se recoupent selon des critères communs. Maintenant, allez-y, déchaînez vos passions ! )
www.nos-comportements